Se relier

Il y a un interrupteur, relié au coeur.

Lorsqu’il est sur « ON » (« on » en français 🙂 pas de hasard) je suis réveillée. Reliée à moi-même, à ce qui m’entoure, aux êtres vivants, à la terre, à l’univers – a Dieu. Dans cet état, je mesure à quel point chacune de mes actions, chacune de mes pensées a un impact direct sur ma réalité. Je suis alignée, créatrice, centrée, disponible. Je suis branchée sur des fréquences élevées, je m’émerveille d’un rien, je vois l’aspect positif de toutes choses. Les effets secondaires de cet état sont le calme, la joie, l’amour, la gratitude, l’harmonie. Le capitaine (le coeur) mène sa barque divinement, et le matelot (le mental) profite de la balade en toute quiétude.

En revanche, lorsqu’il est sur « OFF » – je suis endormie, séparée. Mon mental a pris le gouvernail et volé la casquette du capitaine qui est bien trop grande pour lui. Il navigue à vue, se fiant à ce qu’il perçoit à l’extérieur. Le vent se lève et la petite traversée vire au cauchemar. Dans cet état, je perçois l’autre comme un étranger, je me méfie de l’inconnu, je maintiens une distance avec le monde qui m’entoure. Je vois des ennemis, des drames, je me laisse envahir par la peur. Mon amour sonne creux et serait plus proche de la possession que de l’amour véritable. Je passe le plus clair de mon temps à juger, moi la première. Mon esprit étant assez limité dans cet état, mes jugements se limitent à peu près à cela: bien – mal, bon – mauvais. Quand je ne juge pas, j’analyse, je réfléchis, je fais des plans, j’émets des opinions. Je ne suis là qu’en apparence, car je ne suis pas présente, trop occupée à ressasser le passé ou à craindre l’avenir. Je survole, je bâcle, je vivote. Je survis, je ré-agis. Les effets secondaire de cet état sont la peur, la tristesse, la colère, la jalousie, l’ennui, entre autres.

Je ne vais pas vous surprendre si je vous dit que je préfère mettre l’interrupteur sur ON. Ça coule de source n’est ce pas? Il fut un temps, pourtant, pas si lointain, où je n’avais pas accès à cet interrupteur. J’étais donc en mode aléatoire.

Le mode aléatoire, et bien, c’est le contexte qui joue avec le bouton. S’il fait beau, que je suis dans la forêt et que j’entends les oiseaux chanter, je suis sur ON. Si je suis dans le RER aux heures de pointe, je suis sur OFF. C’est ce qui est à l’extérieur qui influence ce qui se vit à l’intérieur. On pourrait aussi l’appeler le mode victime 😉

La bonne nouvelle, c’est qu’avec un peu de pratique, de patience, de bienveillance, et un peu malgré moi aussi, je l’ai trouvé. J’ai d’abord mis la main sur un fil, en moi, qui traînait là, qui me chatouillait. Et puis je l’ai remonté. Pour cela, je me suis faite aider. Parce qu’en remontant ce fil, j’en ai vu de toutes les couleurs. Et sans le discernement et un regard bienveillant, j’aurai vite fait de me prendre les pieds dedans, m’emmêler, trébucher et tomber. Après une bonne chute, j’aurai peut-être été tentée d’abandonner, de remettre ce fil où il était, dissimulé dans une zone d’ombre et de reprendre mes diversions, mes distractions, mes addictions. Avec du soutien, on ne lâche rien (au passage, merci aux lumières qui m’ont accompagnées, elles se reconnaîtront). Et l’aventure intérieure a commencé. Le fil s’est renforcé petit à petit, est devenu une corde sur laquelle je me suis hissée avec toujours plus d’entrain – la peur n’étant plus un frein – l’élan était là. Pourquoi cet élan? Parce qu’au bout, je le ressentais sans le savoir, ça sentait la liberté. Ça sentait la fin du mode aléatoire, et la fin du réglage d’usine pour beaucoup d’entre nous, le mode OFF.

Au bout de ce qui fût un fil, puis une corde, puis une liane, j’ai trouvé l’interrupteur. Mais ce n’est pas là que je me suis arrêtée, car l’interrupteur, il est relié au coeur. Et là, c’est une autre aventure qui commence 😉 L’interrupteur, je l’ai balancé, il a fait son temps. Maintenant, je suis branchée en continue à la source, j’ai lâché les manettes. Si je devais définir un mode: je donne et je reçois. Il y a parfois des réminiscence du mode OFF, par habitude, mais cela ressemble plus à un mirage qu’à une réalité. L’aventure continue, car il n’y a pas de point d’arrivée. Le coeur ouvre un monde, qui ouvre un monde, qui ouvre un monde…

ON-OFF

Illustration Nadège Lelièvre • 2018 • Tous droits réservés

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